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Personnes non binaires
Le terme « genderqueer » est apparu dans les années 1990, issu de la théorie queer de Wilchins et Butler . Conçu explicitement comme un outil politique – une critique des catégories figées –, il est l’ancêtre théorique du non-binaire. La théorie queer elle-même s’immunise contre toute critique : quiconque s’y oppose est considéré comme « complice de l’oppression ».
Définition selon les partisans
Une identité qui s'oppose à la classification binaire homme/femme. Elle se recoupe largement avec le non-binaire, mais son ton est plus politique et théorique. Le terme « genderqueer » combine l'auto-identification à un programme idéologique : il s'agit à la fois d'une revendication personnelle et d'une dénonciation du système de catégories.
Origines : théorie queer et Butler
Le terme a été popularisé par Riki Wilchins (1995) au sein du mouvement queer américain. Fondements théoriques : Gender Trouble (1990) de Judith Butler et la théorie du discours de pouvoir de Foucault. Voir aussi acte de langage performatif .
Depuis 2015, le terme « genderqueer » a été largement remplacé par « non-binaire », car ce dernier englobe mieux les personnes militantes et comporte moins de connotations conflictuelles. Dans l’enquête Gender Census, l’auto-utilisation du terme « genderqueer » diminue chaque année depuis 2018, tandis que celle de « non-binaire » est en hausse ; quant au contenu, les deux termes sont quasiment identiques. Voir la répartition depuis 2010 .
Critique : dogme d'auto-immunisation
Le terme « genderqueer » explicite ce qui est implicite dans les identités ultérieures : le genre est une construction socio-discursive sans référent fixe. Quiconque suit ce raisonnement ne peut étayer scientifiquement les affirmations relatives au genre, car cette construction postule que de telles justifications constituent elles-mêmes un exercice de pouvoir. Cette impasse logique, toujours présente d'un point de vue philosophique dans l'œuvre de Butler, demeure une hypothèse tacite dans les étiquettes identitaires ultérieures. Il n'existe aucun marqueur mesurable ; seulement une auto-déclaration au sein d'un système de croyances.
Kathleen Stock (2021) soutient que la théorie queer, dans son ensemble, est un mouvement académique qui s'immunise contre toute vérification empirique : quiconque émet des objections est perçu comme faisant partie du problème (abus de pouvoir, transphobie). Il ne s'agit pas de science, mais d'un dogme. Helen Joyce (2021) montre comment cette manœuvre théorique s'est enracinée dans les politiques publiques et les pratiques juridiques depuis les années 2000, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. Toute critique est réduite au silence – voir raisonnement circulaire et irréfutabilité .
Le rapport Cass (2024) met indirectement en lumière la conséquence clinique : en l’absence de critères objectifs, toute identité auto-proclamée devient un point de départ équivalent pour les parcours de soins. Levine (2022) avertit que, sans distinction entre idéologie et pathologie, les soins deviennent « idéologiques plutôt que cliniques ». Hruz (2020) réfute cette affirmation par des objections fondées sur des données probantes.
Dommages : de la philosophie à la mastectomie
Les personnes genderqueer qui consultent les cliniques spécialisées sont généralement des adultes ; dans les cliniques pour enfants et adolescents, le terme est devenu rare depuis que « non-binaire » est devenu le terme générique. Les demandes de transition sociale sans intervention médicale sont plus fréquentes que dans les autres sous-groupes ; des demandes d’hormonothérapie ou de mastectomie existent, notamment chez les femmes cisgenres – ce qui porte atteinte de manière irréversible à une position théorique queer. Les recherches sur les conséquences spécifiques de l’auto-identification genderqueer sont insuffisantes. La transition ne guérit pas – voir les recherches sur la détransition .
Identités apparentées
Non-binaire — équivalent contemporain.
Androgyne — chevauchement des expressions.
Bispirituel — variante culturelle.
Foire aux questions
Pas vraiment en termes de contenu. Politiquement, oui : le terme « genderqueer » était plus percutant, « non-binaire » est plus acceptable pour le grand public.
Non. C'est un terme issu de la théorie queer, explicitement conçu comme une critique des catégorisations — et donc non vérifiable scientifiquement en soi.
Riki Wilchins, 1995, dans In Your Face .
Non. Non mentionné dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-11.
Stock (2021) : théorie d’auto-immunisation sans falsifiabilité. Joyce (2021) : ancrage juridique sans vérification empirique.
Sources
- Wilchins, R. (1995). En face de vous : activisme politique contre l'oppression de genre . transgenderlawcenter.org .
- Butler, J. (1990). Trouble dans le genre : féminisme et subversion de l'identité . Routledge.
- Stock, K. (2021). Material Girls . Flotte.
- Joyce, H. (2021). Trad. : Quand l'idéologie rencontre la réalité . Oneworld.
- Levine, S. B. (2022). Réflexions sur le rôle du clinicien auprès des personnes qui s'identifient comme transgenres. Archives of Sexual Behavior , 51, 3527–3536.