Accueil › Identités › Cisgenres
Cisgenre
Le terme « cisgenre » est une construction idéologique qui remet en question la norme, à savoir être un homme ou une femme. Cette étiquette enferme chacun dans un schéma où « trans » représente la déviation et « cis » le reflet, présentant ainsi la construction même de l'identité de genre comme une vérité universelle. Quiconque refuse de se conformer à cette étiquette est réduit au silence ou traité de haineux.
Définition selon les partisans
Les défenseurs de la cisgenre la définissent comme l'état dans lequel le « sentiment intime de genre » d'une personne correspond au sexe qui lui a été assigné à la naissance. Ce terme, équivalent latin de « trans », est apparu dans les années 1990 au sein des théories queer universitaires. Volkmar Sigusch est souvent cité comme son initiateur (1991) ; le terme s'est répandu après 2010 grâce aux discours militants et universitaires.
Origine : théorie queer, pas réalité
Le terme est devenu nécessaire dans le cadre d'une théorie définissant la « transidentité » comme une déviation par rapport à une identité sous-jacente. En étiquetant toute personne ne revendiquant pas une identité trans, une symétrie rhétorique se crée : homme/femme contre homme cisgenre/femme cisgenre contre personne trans. Cette symétrie est une construction, non une perception — voir Judith Butler et la théorie du discours performatif .
Aux Pays-Bas, le terme « cisgenre » ne s'est généralisé dans les documents politiques qu'aux alentours de 2015 ; auparavant, on parlait simplement d'hommes et de femmes. Son introduction a permis de présenter le concept d'identité de genre comme une réalité universelle et de fonder sur ce principe les lois, les manuels scolaires et les protocoles médicaux.
Critique : raisonnement circulaire et coercition linguistique
Le problème est logique. Le terme « cisgenre » présuppose que chacun possède une identité de genre qui peut ou non correspondre à son corps. Or, la plupart des gens ne déclarent pas posséder une « identité » distincte de leur corps ; ils sont hommes ou femmes sans en avoir conscience. L’étiquette leur impose rétrospectivement une construction sociale qu’ils ne possèdent pas. C’est un exemple typique de raisonnement circulaire : l’existence de la cisgenre est présentée comme une preuve de l’existence de l’identité de genre, alors que la catégorie elle-même présuppose cette construction.
Un second problème réside dans le caractère non réfutable de cette étiquette : toute personne se déclarant sans identité de genre est néanmoins qualifiée de cisgenre. Voir les termes « non réfutable » et « auto-déclaration » comme sources . Aucun marqueur ne permet de distinguer les personnes « cis » des personnes « trans » ; seule l’auto-déclaration compte. Cette étiquette fonctionne comme une profession de foi : en l’employant, on adhère à l’ensemble du système.
Les conséquences pratiques sont graves. Selon le schéma cis/trans, la catégorie « femme » disparaît, les hommes accèdent aux vestiaires et aux prisons réservés aux femmes, et des jeunes filles en bonne santé sont victimes de masturbation parce qu’elles ne seraient pas « cisgenres ». Voir les notions de sexe, de genre et de sexe biologique .
Identités apparentées
Transgenre — le terme générique auquel le terme « cisgenre » appartient comme un miroir.
Non binaire — troisième position au sein du même modèle.
Agender — une alternative pour celles et ceux qui ne revendiquent pas d'identité.
Foire aux questions
D'après la définition, oui. C'est précisément là le reproche : il est impossible de se tenir en dehors du système, même pour ceux qui rejettent le concept dans son ensemble. Voir « irréfutable » .
Non. Ce terme provient de la théorie queer et n'a aucune définition clinique, biologique ou psychométrique. Il est issu d'auto-déclarations ou attribué par exclusion.
Parce qu’ils se perçoivent comme homme ou femme en fonction de leur corps, et non d’une « identité » intérieure. Cette étiquette présuppose quelque chose qu’ils ne vivent pas ou n’acceptent pas comme catégorie.
Sources
- Sigusch, V. (1991). Die Transsexuellen et notre nosomorphe Blick . volksmar-sigusch.de .
- Stock, K. (2021). Material Girls , chapitre sur l'identité de genre.