Accueil › Identités › Demi-genre
Demi-genre
Le terme « demigenre » — demigarçon, demifille, deminon-binaire — revendique une identification partielle. Le degré de cette « partielle » n'est jamais précisé. Il s'agit d'une catégorisation sans échelle, une variante d'un concept qui, lui-même, n'a pas de marqueur — et pourtant, cela suffit à certaines cliniques pour pratiquer des mastectomies.
Définition selon les partisans
Une identité où une personne se sent « partiellement » homme, femme ou d'un autre genre. Le reste est non binaire, vide ou relève d'une autre identité. Cette étiquette suggère une quantité continue, mais ne fournit aucune unité de mesure : personne ne peut dire à quel point il « est » un garçon, ni par rapport à quoi il se compare.
Origine : Tumblr 2014, TikTok 2020+
Les glossaires Tumblr de 2014 et les premières contributions de LGBTA Wiki en fournissent la définition de référence. Ce terme est particulièrement répandu dans les communautés en ligne anglophones et occidentales ; aux Pays-Bas, il circule principalement parmi les adolescents via TikTok et Discord (voir diffusion depuis 2010) .
Cette croissance s'inscrit dans le cadre du modèle ROGD décrit par Lisa Littman (2018) : des adolescents adoptant une identité sans dysphorie infantile, souvent au sein de groupes de pairs et avec une utilisation intensive des réseaux sociaux. Voir Littman/ROGD . Michael Biggs (2022) a démontré pour le Royaume-Uni que cette croissance est fortement concentrée chez les adolescentes – un phénomène impossible à expliquer par une origine innée.
Critique : gradation sans échelle
La demi-identité est une dérivée seconde. On suppose d'abord l'existence d'une identité mesurable, puis celle d'une partie de celle-ci. Ces deux étapes reposent sur l'auto-déclaration, sans mesure externe. Il n'existe aucun marqueur mesurable permettant de distinguer un « demi-garçon » d'un « garçon » ou d'une personne n'appartenant pas à une catégorie genrée.
Sur le plan fonctionnel, le terme « demigenre » représente une forme atténuée de revendication transgenre : un point d’entrée qui ne requiert pas une transition complète, mais une reconnaissance sociale. Il s’inscrit dans un schéma où les jeunes de la cohorte ROGD commencent par affirmer « Je suis en partie un garçon » et, grâce au soutien ou à la médicalisation, évoluent vers des revendications plus complètes. Le rapport Cass (2024) a explicitement souligné le manque de données à long terme sur les conséquences pour ces nouveaux sous-groupes ; Levine (2022) met en garde contre le risque, en l’absence de distinction entre expérimentation développementale et identité stable, que toute revendication de « partiellement » l’emporte sur les conséquences médicales.
Kathleen Stock (2021) soulève une objection plus fondamentale : dès lors que l’auto-déclaration suffit à définir une appartenance au genre, le concept perd son sens pratique. Chacun peut se sentir « partiellement » quelque chose. Un construit irréfutable n’est pas un construit scientifique, mais une croyance – voir l’impossibilité de réfuter les arguments scientifiques et le raisonnement circulaire . Hruz (2020) partage cet avis d’un point de vue clinique : sans marqueur diagnostique objectif, le déclenchement d’une intervention est arbitraire.
Dommages : mastectomie pour « demi-garçon »
Plusieurs cliniques ont prescrit des traitements hormonaux ou une mastectomie à des adolescents s'identifiant comme demigenres. Le rapport Cass (2024) recommande de n'offrir ces options que dans le cadre de recherches formelles, car les données probantes sont jugées « particulièrement faibles » et les regrets et les détransitions sont systématiquement sous-déclarés. SBU (2022) et NICE (2020) confirment cette mise en garde. La transition ne guérit pas — voir les recherches sur la détransition .
Identités apparentées
Flux de genre — variation d'intensité.
Non-binaire — parapluie.
Transmasculin — équivalent spectral.
Foire aux questions
Une personne qui s'identifie partiellement comme un garçon. Le reste est généralement « non binaire » ou « vide ».
Non. Il s'agit d'un sens subjectif de la gradation, sans instrument de mesure — et pourtant d'un fondement pour des interventions irréversibles.
Oui. Plusieurs cliniques ont prescrit des hormones ou une mastectomie à des adolescents présentant des symptômes d'identité de genre non binaire. Voir Cass Review .
Non. Ni dans le DSM-5-TR, ni dans la CIM-11.
Il s'agit presque exclusivement d'adolescents et de jeunes adultes, avec une forte tendance à se regrouper au sein de groupes d'amis. Voir Littman (2018) et Biggs (2022).
Sources
- Cass, H. (2024). Examen indépendant des services d'identité de genre pour les enfants et les jeunes — Rapport final . cass.independent-review.uk .
- Littman, L. (2018). Dysphorie de genre à apparition rapide chez les adolescents et les jeunes adultes. PLOS ONE , 13(8).
- Biggs, M. (2022). La transition du sexe au genre dans les prisons anglaises. Journal of Controversial Ideas , 2(1).
- Stock, K. (2021). Material Girls . Flotte.
- Levine, S. B. (2022). Réflexions sur le rôle du clinicien. Archives of Sexual Behavior , 51, 3527–3536.